Interview de Caroline JOLIVOT,
médecin nutritionniste, consultante, formateur et conférencière
en Alimentation Biologique.
Caroline Jolivot a parcouru la France de 1992 à 1996
comme médecin de campagne. Depuis, elle se consacre à
la nutrition avec l'ouverture à la médecine énergétique
chinoise. Sa motivation : communiquer au consommateur l'information
nutritionnelle, l'art de consommer bio, l'aider à devenir
un " consomm'acteur ".
Caroline Jolivot réalise le concept " COMALI
" avec les " POINT INFO BIO ". Depuis 2001, à
l'initiative d' Agribio Sud : "Festival d'Agri'cultures ".
Partout en France, elle participe à des conférences-débats
sur les sujets d'actualités. Caroline souhaite intensifier
et diversifier ses actions au service des consommateurs : réalisation
de concepts innovants d'information et de modes de consommation
agroalimentaire. Participation à l'information sur l'alimentation
BIO dans les magazines , les média et à la création
du nouveau magazine " BIOZEN ". Création de "
Point Info Bio en ligne ", de services de
" nutritionniste en ligne " sur Internet. Réalisation
de " POINT INFO BIO-CANTINES BIO " , actions d' "
Information- Animation " sur l'alimentation BIO en restauration
collective. Parallèlement, Caroline Jolivot intervient dans
les entreprises : organisation de modules " d'Information-Formation
" des personnels des entreprises BIO. Réalisation de
" dossier-produit " pour les producteurs et les transformateurs
de la filière BIO. Mise en place des " Points Info Bio
" ainsi que d'autres concepts " d'Information-Consommateur
" pour les entreprises de Restauration Collective et Commerciale.
Pour fin 2002 et 2003, Caroline va organiser les conférences-débats
" d'Agribio Sud : festival d'Agri'culture " sur les thèmes
" Bilan et perspectives des actions cantines BIO en France
" et " Bilan et perspectives de la Recherche en Alimentation
et Agriculture BIO en France ". Par ailleurs, le 1er livret
national " Cantines BIO en France - édition 2002 "
va voir le jour. Ce document en direction des consommateurs et des
décideurs de la RHF, sera le premier référentiel
du genre pour la mise en place de cantines BIO dans la restauration
scolaire. Enfin, Caroline, lance le club " Chic & Bio "
qui regroupera artistes, créatifs et sportifs qui mangent
BIO et qui soutiennent ouvertement ce choix conscient, ce nouvel
art de vivre ! |
Guide du Gourmet : Pourquoi vaut-il mieux consommer
et manger BIO aujourd'hui ?
C.Jolivot : " Il est courant de répondre que c'est
bien mieux pour soi, pour les autres et surtout, pour la Terre ! D'un
point de vue intuitif, l'aliment BIO serait bon pour la santé
car contenant moins de polluants chimiques, cultivé en respectant
la nature et bien cuisiné. D'un point de vue nutritionnel, les
études scientifiques ABARAC de l'équipe INSERM du professeur
JOYEUX commence à montrer que les valeurs nutritionnelles d'aliments
" BIO " de consommation courante sont plus importantes que
celles de aliments " conventionnels ".
En tant que médecin nutritionniste et consommatrice BIO depuis
des années, je peux vous affirmer qu'après apprentissage,
il est plus facile de manger équilibré avec des aliments
BIO qu'avec des aliments conventionnels. Par ailleurs, d'un point de
vue plus altruiste, l'agriculture BIO est un mode d'agriculture durable,
économe des ressources naturelles, respectueux des modes de production
naturels, préservant ainsi la santé de la terre pour les
générations à venir ! Enfin, dans une vision plus
" mondialiste ", il est urgent et souhaitable que le plus
grand nombre cultive et produise BIO afin de mieux respecter l'autosuffisance
alimentaire des pays en voie de développement, d' améliorer
les échanges favorisant le commerce équitable et de préserver
les équilibres des écosystèmes nationaux et mondiaux.
"
Guide du Gourmet : Le marché du BIO en
France connaît un bel essor depuis plusieurs années. Où
en est-on actuellement ?
C.Jolivot : " Après des niveaux de croissance de
l'ordre de 30% par an, il semble qu'actuellement, la consommation se
stabilise
Plusieurs raisons peuvent être avancées
pour expliquer ce ralentissement de croissance : une cacophonie d'informations
sur les aliments et les modes de productions en général,
la lenteur de tout changement du comportement alimentaire humain individuel
et collectif , la difficulté à prendre conscience des
erreurs du passé... On peut noter que les médias, cédant
à la mode du sensationnel, donnent toujours beaucoup d'échos
aux scandales mais informent finalement peu en dehors de ces "
affaires ". Autre raison, un manque évident d'informations
et de démarches pédagogiques par la filière BIO
vis-à-vis des consommateurs et notamment des jeunes consommateurs.
Par ailleurs, le marché de la Restauration Hors Foyer est peu
BIO mais cela peut changer. Personnellement, j'y consacre une partie
de mes activités en proposant la mise en place d'une alimentation
plus respectueuse des principes d'équilibres alimentaires et
des richesses du produit BIO."
Guide du gourmet : Les produits BIO sont plus
chers que les mêmes produits issus de l'agriculture conventionnelle.
Comment peut-on expliquer ces écarts de prix ?
C.Jolivot : "C'est une évidence pour tous et pourtant
! Cet été, il semblerait que le prix d'achat aux producteurs
pour certains fruits et légumes en pleine saison de production,
ai été très proche de celui des produits conventionnels
Le
loi du marché de l'offre et de la demande est-elle en train de
dominer abusivement la réalité du coût des produits
BIO ? Là aussi, l'avenir de la BIO pour la santé des consommateurs
et la vie des producteurs doit être construit au fil des saisons
avec une grande vigilance de la part de la filière BIO. Ceci
étant, le " vrai prix " du BIO, plus cher a ses raisons
:
- Il n'est pas enfermé dans le système PAC, subventions
et autres artifices
- Les rendements du BIO sont inférieurs et plus respectueux de
la nature,
- Les coûts de main d'uvre sont supérieurs.
Reste à gérer l'éternel problème des intermédiaires,
des distributeurs !
De plus, les contraintes de coûts liées
aux cahiers des charges BIO comme, par exemple, les contrôles
payants doivent être pris en compte. Quant aux prix des produits
conventionnels qui sont devenus nos références, ils ne
correspondent plus à une réalité vivable pour les
producteurs
"
Guide du Gourmet : Parlons un peu de vos actions
actuelles et notamment du lancement de votre 1er LIVRET NATIONAL : "
CANTINES BIO en France - édition 2002 "
C.Jolivot : "Concernant la restauration scolaire, il était
nécessaire et urgent d'avoir une vue globale de la situation
des cantines en France et du développement possible des cantines
BIO partout et pour tous ! Devant l'ampleur des problèmes de
santé publique liés à l'alimentation qui touchent
les jeunes (obésité, carences, allergies, troubles du
comportement alimentaire, etc
) je ne pouvais que réagir
et initier des outils de changement permettant un retour à la
santé des générations à venir
Pour
moi, c'est clair : une civilisation qui ne nourrie pas ses enfants n'a
pas d'avenir !
Ce livret est réalisé sous forme d'une enquête nationale
auprès des consommateurs et des professionnels. Conçu
comme un " Appel citoyen " à tous ceux qui veulent
manifester leur Demande de cantines BIO, leur Réussite de cantines
BIO et les Professionnels BIO fournisseurs de produits et de services
pour la RHD.
Chacun peut s'inscrire au plus vite sur le site http://www.AgricultureBio.com
Ainsi, dès 2003, ce livret sera un véritable outil pour
tous d'aide à la réalisation de " repas BIO "
, au plus rentable et dans une réalité durable."
Guide du Gourmet : Vos autres projets pour 2003
?
C.Jolivot : " Les idées ne manquent pas, la passion
est là et l'énergie est BIO ! Mes priorités sont
claires : informer sur les réalités, communiquer l'art
de consommer BIO et aider à devenir un " consomm'acteur
".
Je vais donc continuer de développer les actions déjà
engagées c'est-à-dire les " POINT INFO BIO "
sur les lieux de consommation de produits BIO (magasins, salons) , les
conférences , de nouveaux outils pédagogiques d'information,
les " POINT INFO BIO - CANTINES BIO " dans les lieux de restauration,
etc
"
Interview recueillie par JP Troly - Octobre 2002
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