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Guide du Gourmet : Pouvez-vous nous présenter l'association Slow Food ? Jean Lhéritier : "Slow Food est une association dont le principe essentiel est de promouvoir le droit au plaisir, en particulier dans l'acte alimentaire. Au nom de ce droit, le mouvement, créé en plusieurs étapes entre 1986 et 1995, est devenue à partir de cette dernière date un mouvement international à part entière. Les adhérents cotisent 50 € et reçoivent un magazine culturel, la revue SLOW, participent aux manifestations organisées par leur Convivium et à celles mises en place chaque année par l'association au niveau national ou mondial. Toutes les activités de Slow Food ont en commun la défense de la biodiversité, l'aide à l'agriculture durable, en promouvant les produits authentiques les aliments menacés, en jouant un rôle dans la culture du goût. Slow Food met toujours l'accent sur l'éducation au goût, en organisant des laboratoires du goût où se rencontrent autour de produits dégustés des consommateurs et des producteurs...La défense de la biodiversité, c'est aussi la constitution de l'Arche des produits et des saveurs, des Sentinelles du goût , du Prix Slow Food de la biodiversité et de la Fondation pour la biodiversité."
Jean Lhéritier : "L'alimentation, la gourmandise, le plaisir de la table sont partagés par toutes les couches sociales. Si on cherche un profil de l'adhérent Slow Food, c'est une personne qui est à la recherche de produits authentiques, exigeant sur la qualité et la traçabilité, mais avec un souci de soutenir un certain type d'agriculture, durable, et donc en se souciant des conditions économiques et sociales de la production. Par exemple, nous condamnons pour des raisons de prudence mais surtout éthiques l'introduction d'OGM dans notre alimentation. Ceci étant, les adhérents diffèrent d'un Convivium à un autre, tel Convivium étant surtout constitué de vignerons, tel autre majoritairement constitué de chercheurs , d'enseignants ou de cadres tertiaires. Ce qui est sûr, c'est que l'adhérent est prêt à payer davantage , dès lors qu'il mesure la portée de ce surcoût pour le maintien d'une agriculture durable, préservant le patrimoine et les traditions alimentaires, quitte à utiliser différemment le reste de son budget de consommation. ''
Jean Lhéritier : "Le travail d'information et d'éducation au goût est essentiel. Slow Food peut influencer les comportements alimentaires au moins de 3 façons : les publications de Slow Food, les ateliers du goût (c'est un peu la signature des manifestations organisées par Slow Food) et le projet Arche/Sentinelles. Grâce à ce dernier , Slow Food peut focaliser l'attention des consommateurs sur les produits nécessitant un acte volontariste, "militant". Le mouvement peut devenir alors un groupe de pression. Du fait de son réseau, Slow Food a fait par exemple signer par des dizaines de milliers de consommateurs européens un manifeste pour la défense des fromages au lait cru et un manifeste pour le refus des vignes OGM. Slow Food entretient des contacts avec diverses institutions (des CDT, la Sopexa, les CIVAM...) ou des associations professionnelles de producteurs. les manifestations locales ou nationales sont ouvertes, avec la présence de producteurs, consommateurs, journalistes...'' Guide du Gourmet : Vous venez d'être élu Président de Slow Food France. Quelles vont être les premières actions fortes et symboliques que vous allez mettre en oeuvre dans les mois qui viennent ? Jean Lhéritier : "Il
y a tout d'abord la présentation des premières Sentinelles
du goût française, probablement 4 à 6 en 2003 mais
on cible 40 à 50 d'ici 2 ans . Guide du Gourmet : Ce que vous aimez et ce que nous n'aimez pas dans la cuisine française en 2003... Jean Lhéritier : ''Ce que j'aime : - Plats traditionnels, de la cuisine familiale (pot au feu, daube,
blanquette, civet...), Ce que je n'aime pas - Le recours trop fréquent à des rehausseurs (artificiels
ou non) de goût dans la cuisine qui se veut gastronomique,
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